Retour à la photo Argentique…en Equateur

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Voilà 3 mois que je suis en Équateur après mon passage de 1 mois aux USA, 6 mois au Brésil, 10 Jours en Bolivie et 2 mois au Pérou. Après l’aventure de tenir un bar à Montañita (ville qui ne dort jamais) je suis arrivé sans appareil photo (volé) à Cuenca.

« Hola, buenas tardes. Una consulta,…estoy buscando una vieja cámara de rollo para comprar. Tienen unas ?
Lo que busco en verdad seria mas como una NIKON Fe o FM con una lente 50mm fijo que abre el mas possible, como 1:1.4 . »

Y ahi, ahora es quasi una semana que recojo la ciudad en todas sus dirrecciones, siempre tomando un nuevo camiño en fin de encontrarme con el mas de tiendas de fotògrafos possible. No se, ahora deben ser como 12 o 15 en el centro històrico. Me deben faltar poco.

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Montanita et Cuenca situées sur la carte de l’Equateur

En fait je n’était pas sans appareil photo puisque Pablo, l’ami argentin avec lequel je voyageais (accompagné de Julieta) est aussi photographe (enfin je dis aussi mais lui l’est un peu plus sérieusement que moi;) et dispose d’un Nikon D…

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Juli, Moi et Pablo au terminal de bus de Cuenca, Equateur

Un soir ou nous ne shootions pas au bar/hotel/resto le Cafecito afin de gagner une boof gratuite et quelques copecs, j’ai demandé à Pablo de me laisser l’appareil (que l’on dira égalemment camera) pour aller me perdre un peu dans les petites rues Cuencaniennes.

C’est comme ça que j’ai rencontré Liviana qui revenait de sa représentation de théâtre et restait coincée en bas de chez elle sans les clés. A shooter quelques grafiti sur un mur je lui ai demandé si elle avait besoin d’aide…On a parlé vite fait photo et elle ma demandé si je pouvais l’aider à réparer un veil appareil argentique qu’elle a.
« Oui, je peux toujours regarder. »

Et voilà mon premier nouveau contact avec un vieil appareil photo argentique !
(Pellicule Argentique = pellicule sensible à l’exposition à la lumière constituée d’une fine couche d’une solution d’ions Argents eux même réagissant à l’exposition lumineuse)

dsc_5205-1200J’ai débloqué son appareil, un Nikon Fe datant des années 1978-1983, après quelques recherches sur internet. (Voir le Post sur ce sujet)

Ce contact avec son appareil, la relation avec mon pote argentin photographe, le fait que j’étais en train de donner volontairement des classes sur la photo à une fille de l’Alliance française de Cuenca, tout cela m’a titillé un peu l’esprit.

Voilà donc que j’ai entrepris la recherche d’un de ces vieux appareils.
°°Ici il doit bien pouvoir s’en trouver un.°° pensais-je.

Je rentre dans un grand magasin de photo estampillé Fujifilm:
« Bonjour, vous sauriez où je peux trouver un vieil appareil photo argentique a pellicule ? »
La réponse fut corporelle tout autant que parlée. Des grimaces, un demi tour vers le collègue du fond…et une réponse du typre « Non, c’est quoi cette question bizarre. On vend des appareils numerique si tu veux. Je sais pas ou tu va pouvoir trouver ça. »

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Essayage du MAMIYA C220

Après un malin quadrillage de Cuenca durant au moins 10 jours je dois maintenant en connaitre tous les magasin de photo! Enfin je suis sur qu’il m’en manque encore vu la densité géographique de ce genre de commerce.
J’ai trouvé d’abord un photographe sympa avec quelques appareils mais qui ne me plaisaient pas trop et un peu trop cher:
$200 le Nikkormat + un zoom, même prix le Ricoh KR-10 et le Nikon N2000 !

Enfin on en a profité pour rigoler un peu avec le vieil ancêtre MAMIYA C220 .

J’ai continué à rencontrer une bonne ribambelle de photographes m’annonçant des prix similaires. Jusqu’à en trouver un qui m’annonce plutot $150 avec l’optique que je veux: 50mm fixe f 1:1,4.
Patcho qu’il s’appelle celui-là, un drôle d’oiseau. Enfin au moins lui il a l’air de pas trop mal faire tourner son commerce (et oui, il y a tellement de magasins de photographes que certains ont l’air un peu mou et sans activité).
Il y a eu un bon contact avec lui. Il fait un peu charetier/vendeur de tapis mais c’est le seul qui se soit un peu intéressé à ce que je faisais.

Il hallucinait sur le fait que j’était ingé, commercial, photographe, que j’écrivais, parlais 4 langues…etc.

« Tu te gaches là mon petit. Va proposer tes services dans les grands hôtels et au journal du coin. Va voir El Mercurio, c’est juste un peu plus haut… »

Bon enfin, c’est finalement à lui que j’ai acheté l’appareil ! Mais pas sans embrouilles.
Il devait l’ammené le jour suivant au magasin avec l’optique, il était chez lui pour le moment. Le jour suivant il a oublié et le surlendemain il a ramené un autre appareil.

Ecoutes Patcho, tu sais je voulais te l’acheter cet appareil, mais là je perds trop de temps et d’énergie. Je vais certainement partir ce lundi et je voulais un appareil avant de partir.

Il me propose alors de passer à mon hostel dans l’aprem de dimanche et de me le faire à $120. J’accepte la proposition, mais le dimanche arrivé, pas de Patcho!
Lundi je repasse à son magasin. Il m’amènera l’appareil pour 12h.

Alors l’appareil est là, mais l’optique non. Il aura beau me dire qu’elle est mieux etc, ce n’est pas celle que je veux: trop lourde, trop encombrante…
Et ben on n’est pas rendu! Il essaie d’appeler d’autres photographes pour leur acheter l’optique que je souhaite ou me trouver un autre boitier avec optique, mais tout le monde annonce un prix de minimum $200 !
De peur qu’il se rende compte que le prix qu’il me fait est bas ou que finalement il ne me vende pas l’appareil, je lui propose $120 pour le tout.
Il refuse. Lui ce qu’il veut c’est ma veste coupe-vent Mammut Gore-Tex. Ça n’existe pas ici. Non, impossible pour moi, je prefere repartir sans appareil.

On s’accordera finalement sur un prix de $120 + une clé USB ! OUF !

nikonfm2-davidtribal-dsc09250-1000Alors voilà, j’ai un superbe NIKON FM2n des années 80.

Il est connu pour avoir une vitesse maximum d’obturation à 1/4000 ème de seconde, des volets d’obturateur en titane, une synchronisation du flash à 1/250ème de seconde et fonctionner à tous les modes même en absence de piles.
Le posemètre fonctionne avec 3 LED (waw) dans le viseur: – , o, + qui indiquent une sous-exposition, exposition correcte ou sur-exposition.

 

Historique

Voilá maintenant disons 15 ans que je fais de la photo. Commençant avec un premier appareil compact argentique autour des 12 ans (pour immiter ma maman), j’en ai eu plusieurs du même type successivement (L’obsolescence programmé jouait bien son rôle et me faisait changer régulièrement;).

En 2001 je me suis acheté un bon boitier compact Canon à la FNAC. Un bon zoom, un boitier robuste et une bonne rapidité en rafales…je l’emmenais un peu partout comme lors de nos sortie bicross ;)
Je me disais que quand je serai grand et aurait pas mal de tunes, je m’achèterai un « APPAREIL PHOTO REFLEX » WaW ! Ben ouai, ça me parraissait drôlement pro et certainement cher.

610705_canon_eos_300v_frontEn 2003 me voilá déjà avec un Réflex Argentique Canon EOS 300V. Je ne pensais pas y parvenir aussi vite, mais le prix n’était finalement pas si élevé. C’est suite à une étude profonde du tableau comparateur de configuration du catalogue de la Fnac que j’ai fait ce choix.

Note: Ce qu’il faut savoir c’est que dans le monde de la photo comme pour les rasoirs et toutes autres recharges, chaque marque a fait en sorte d’avoir une bague d’adaptation spécifique pour les objectifs amovibles de ses appareils photos réflex. Cela fait que souvent, lorsqu’on a fait son premier choix de boitier et qu’on a investi dans des optiques avec (les optiques valent tres souvent plus que le boitier), et bien on reste « bloqué » avec la marque de ce premier appareil. A moins de revendre tout son matos (ce que font certains) ou bien de s’acheter une bague d’adaptation à quelques euros.

canon40dEn 2008, je change de nouveau pour un CANON EOS 40D. J’ai décidé de profiter de mon départ pour l’Australie et des opportunitées des zones DUTY FREE pour investir. Alors que je partais plutôt dans l’idée d’acheter un CANON EOS 450D (gamme grand public), le feuilletage d’un magasine photo dans une presse d’aeroport m’a fait changer d’idée. En effet celui ci disait qu’en comparaison des prix et des performances, ça valait le coup d’investir dans un 40D. Me voilá influencé!

Alors que j’étais sur qu’à Singapour, plaque tournante du commerce mondial, je trouverai le meilleur prix, j’ai finallement acheté la bête sur le sol Asutralien dans un magasin d’électronique, AUS$2000.

Et maintenant?

Et maintenant je redécouvre la pellicule! Choisir sa pellicule, investir dans du 200 ou du 400 ISO, 24 ou 36 poses, être conscient du prix du tirage des clichés…

Je redécouvre le suspens avant d’appuyer sur le déclencheur; la peur que le sujet bouge, qu’il cligne des yeux, le cadrage..

Je redécouvre les réglages manuels du diaphragme et de l’obturation, la sous-exposition et sa copine sur-exposition.

Je redécouvre la mise au point manuelle à l’aide du stigomètre, microprisme ou dépoli. Sur une faible profondeur de champs ça change tout à l’image.

Je me rends compte de cette adrénaline que nous avons perdu en facilitant l’accès à la photographie au moyen de l’électronique. Plus de suspens, maintenant si on loupe on shoote de nouveau…

L’instant présent n’est plus considéré comme unique mais comme reproductible jusqu’á ce que l’écran montre une image potable retouchable de toute maniére en post-production (à l’ordinateur).

Oui, de mon point de vue, tout photographe devrait revenir aux bases pour savoir d’où il vient, d’où viennent les termes du jargons, les outils sous Photoshop, etc…

C’est un peu ma tendance, toujours revenir aux bases pour mieux manipuler le tout, et en soit, me sentir plus libre et moins dépendant de barrières légitimes ou non, posées par d’autres.

Révoltez-vous, libérez-vous, revenez aux bases !

 

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